#ComDemainIDF : une (r)evolution de la communication publique ?

Pour cette troisième édition, les #ComDemainIDF ont une nouvelle fois réuni dans l’hémicycle du Conseil Régional, communes, intercommunalités, départements et institutions publiques d’Île-de-France conviés à échanger au travers de conférences et d’ateliers, sous le signe des « (R)évolutions » (territoriales numériques).

Big data : quel impact sur la relation aux citoyens ?

Tous les jours, nous laissons des traces numériques collectées et recoupées par des entreprises ou des institutions nous proposant par la suite des publicités toujours plus ciblées, des produits que nous voudrions sans le savoir, améliorer les flux routiers dans une ville, voire prédire le futur… L’utilisation de ces données est regroupée sous l’appellation “big data”. Quoi de mieux pour commencer ? Après tout, 90 % de l’ensemble des données aujourd’hui disponibles ont été créées ces deux dernières années, c’est donc toute la relation aux citoyens, aux usagers que le numérique et les données vont contribuer à réinventer. Stéphane Grumbach, le Directeur de l’IXXI, Institut Rhône-Alpin des Systèmes Complexes, ouvre cette conférence en présentant les grands bouleversements subis par nos institutions et ceux à venir. Voilà à quoi cela ressemble :

Plus sérieusement, on ne peut pas dire que cela soit une vision très optimiste de l’avenir.

On retrouve les grands principes de son discours sur cette vidéo.

Le principe « d’intermédiation » sur lequel il insiste désigne la présence et le rôle d’un intermédiaire dans le cadre d’une transaction à caractère économique, financier ou commercial. L’exemple d’Uber vient rapidement à l’esprit et le problème va s’étendre demain à l’université, la santé voire l’état… « Il y a plus de gens sur Facebook que de citoyens qui votent aux présidentielles » énnonce-t-il.

Comment le numérique recompose le tissu local ?

Etienne Candel, maître de conférence au CELSA Paris-Sorbonne,  prend ensuite la parole avec toute la passion qui le caractérise. C’est la transformation de l’image des territoires par le numérique qui est ici le coeur du sujet. Présentant plusieurs exemples made in internet, il illustre en quoi notre perception de celui-ci est modifié voir altéré.

Je trouve amusant de prendre l’exemple de la campagne de la région Ile-de-France pour illustrer ses propos. 
ComdemainIdf 2015 - Vous êtes iciComdemainIdf 2015 - IDF

Notre utilisation du numérique, et dans le cas présent de Google Map, change nos façons de percevoir le territoire. Ce « Vous êtes ici » a changé de forme dans notre représentation collective et cela nous paraît totalement normal… alors que ça ne l’est pas. L’image de notre environnement est grandement influencée par l’imaginaire numérique et il suffit de taper « Paris » dans Google Image pour se rendre compte à quel point celui-ci est stéréotypé.

Co-construire avec les citoyens : une utopie en marche ?

Anne Ramon, Directrice de la communication de l’Institut du cancer apporte la touche féminine de la matinée. Ce sont les modèles de gouvernance qui posent cette fois question : comment prendre en compte une demande accrue de participation et d’écoute des citoyens ? Comment répondre au besoin des institutions publiques de capter les idées nouvelles, pour être plus efficientes dans le service rendu aux citoyens ?

Cette intervention souligne la mise en place de cette « République numérique » portée par Axelle Lemaire. Après la « coconstruction » en ligne via une plate-forme dédiée, c’est une « coconstruction » en live qui a finalisée ce projet. Quelques jours avant la fin de la mise en consultation publique, la secrétaire d’Etat a convié les contributeurs à un « GouvCamp », autrement dit une journée de discussion sur quelques-uns des articles du texte. Avec plus de 140 000 votes au total et plus de 20 000 participants, c’est une belle co-réussite. Le gouvernement s’est désormais engagé à répondre aux propositions de nouveaux articles et d’amendements les plus approuvées. Axelle Lemaire aimerait pousser encore un cran plus loin la logique de contribution : « Pourquoi pas un rapporteur citoyen associé aux travaux de la commission des lois ? ».

Le débat

Un grand débat avec Anne Ramon, Etienne Candel, Stéphane Grumbach et Xavier Crouan, termine la matinée de conférence. De nombreuses points ont été soulevés, voilà ce que j’en retiens :

Si la France dispose d’atouts sur le terrain des données, celui-ci est encore très peu exploité (par exemple les données de la CPAM ), le pays partant avec deux handicaps, un constat qui vaut d’ailleurs pour toute l’Europe.
La majorité de nos données se trouvent aujourd’hui aux États-Unis car leurs acteurs, ces plate-formes (Facebook, Amazone, Google) sur lesquelles la France tente de légiférer, apportent des services essentiels aux utilisateurs, finalement peu différents des services publics… Si l’on souhaite ne pas tout laisser aux Américains, une « désintermédiation » sera nécessaire pour reprendre le contrôle des données !
La refonte de la législation sur les données personnelles est également nécessaire, la protection de celles-ci par la Commission Nationale de l’Information et des Libertés étant un frein au développement du big data. La législation que la CNIL doit faire appliquer a été conçue quand le Big Data n’était pas encore ce Graal et que les volumes de données était bien moindres, elle n’est du coup pas bien adaptée à ce qui se passe aujourd’hui.

#ComdemainIDF 2015
Salle d’atelier de l’hémicycle du Conseil régional.

Les ateliers de l’après-midi et notamment celui présenté par la société OpenDataSoft  : « Comprendre et utiliser le Big Data » m’ont quoi qu’il en soit permis de constater que si la majorité des communiquants présents ont pris la mesure de l’enjeu théorique du Big Data, beaucoup le voient encore comme un eldorado difficilement atteignable… Beaucoup sont encore à se demander comment créer des données de qualité, or sans cette base, il est impossible de tirer des analyses. Les moyens pour collecter des informations précises sont encore flous. Mon expérience personnelle au sein d’une collectivité le confirme : notre portail open data n’étant toujours pas en ligne !

Lorsque l’on a dormi à peine 4h le jour J en raison d’un retard de 3h sur son vol non remboursé (coucou Easyjet #grr), il n’est pas aisé de s’aventurer une semaine plus tard sur un retour sur ces #ComdemainIDF 2015 pourtant plus qu’intéressants. Si Twitter a été mon meilleur ami pour compléter cet article, ce dernier a surtout pour but de souligner cette volonté de renouveau perçue dans les regards (et tweets) des 130 communicants présents. Si la route semble encore longue, c’est la bonne direction qui semble avoir été choisie.

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