Les Nuits Urbaines ou la Ville spectacle…

Les Nuits Urbaines, c’est cinq animations numériques, physiques et sensorielles. En cette fin septembre 2015, la Défense s’est transformée en un terrain de jeux numériques et intéractif en lieu et place du traditionnel feu d’artifice sous l’arche. Les Parisiens étaient donc invités à côtoyer leur centre d’affaire …autrement.

Pour l’occasion, Defacto et « Les Petits Français » ont aménagés la « Fontaine Agam » avec des jets d’eau, des projecteurs de différentes couleurs, des haut-parleurs et vingt bornes interactives permettant au public de choisir la couleur des lumières, la musique et le type de jets d’eau. Sympa.
« Les Vertiges Urbains » proposent un mapping vidéo assez bluffant de réalisme. Le mur donne l’impression de s’ouvrir puis de s‘émietter pour laisser place à une cascade d’eau.

Les Humeurs Partagées - Nuits Urbaines

Un peu plus loin, « Les Humeurs Partagées » intriguent… Via des tablettes apparaissent simultanément des couleurs et un nuage brumeux correspondant à l’humeur sur laquelle on a précédemment cliqué… Étrange et mouillé.

Un bref passage au « Silent Disco » nous rappelle que l’originalité n’est pas forcément le vecteur de ces nuits urbaines.. C’est avec 44 « Tambours de feu » que se termine le parcours. Des jets d’eau et de flamme étant projetés dans le ciel à l’unisson de ces derniers.

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« L’aménagement urbain festif au service de la nouvelle classe créative »

Visuellement, ça vaut parfois le détour mais tout ceci manque cruellement de profondeur. On se demande d’ailleurs en quoi le côté interactif apporte quelque chose à l’expérience… Ces animations « futuristes » s’intègrent bien malgré elles dans ce paysage urbain. Quoi qu’il en soit, il est difficile de leur donner du sens…

Les propos de Jean-pierre Garnier, sociologue et urbaniste libertaire, résument au final parfaitement la situation.

Les politiques d’attractivité et donc de compétitivité qui sont conduites au sein des villes dites créatives sollicitent de plus en plus les mondes de la culture et des arts. Avec le recours systématique à l’évènementiel, la ville devient un spectacle permanent pour la nouvelle « classe créative », liée aux secteurs de la haute technologie, de la finance, de la culture et des loisirs, qui occupe ainsi le nouvel espace public du capitalisme festif. C’est d’ailleurs essentiellement l’esthétique, qui est au centre de la construction de ces nouvelles urbanités. Cependant, on est en droit de se demander si les politiques de développement local fondées sur des dimensions artistiques et culturelles répondent aux vrais problèmes urbains ; et si l’utilisation massive d’argent public en destination de quelques franges déjà nanties de la population répond à l’ensemble des demandes urbaines ?

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